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Whitechapel : sur les pas de Jack l'Éventreur en 1888

Whitechapel : sur les pas de Jack l'Éventreur en 1888

L'itinéraire classique de Londres se termine à Tower Bridge. Ensuite, les bus font demi-tour et vous partez vers Whitechapel. En 1888, Jack l'Éventreur y sévissait, et le quartier a à peine changé.

Nous avons composé un parcours à pied depuis la Tour, à travers les marchés de l'East End, jusqu'aux lieux des cinq meurtres. Vous verrez le pub Ten Bells et comprendrez pourquoi l'affaire reste non élucidée à ce jour. Pas besoin de guide.

Pub: cet article contient des liens d'affiliation, nous touchons une commission si vous réservez via ceux-ci, sans coût supplémentaire pour vous.

De Tower Bridge à Whitechapel

💡 En bref:

  • Parcours: la Tour, Tower Bridge, Mansell Street, Whitechapel High Street, Spitalfields. Lieux des meurtres dans l'ordre: Durward Street, Hanbury Street, Henriques Street, Mitre Square, Dorset Street.
  • Durée: 2 à 3 heures à pied, environ 3 km sur la carte.
  • Meilleur jour: le dimanche, quand les marchés sont ouverts.
  • Jack the Ripper Museum: ouvert tous les jours (à jour en 09/2026, page du musée).

La visite classique se termine à la Tour. Depuis la station de métro Tower Hill, vous débouchez sur la forteresse et Tower Bridge. Vous partez ensuite vers l'est par Mansell Street: cette rue relie la City à Whitechapel.

La rue mesure environ 500 m sur la carte. Après elle commence Whitechapel High Street, et c'était le même trajet qu'empruntaient la police et les journalistes en 1888 (historique de l'affaire).

Tower Bridge aux câbles bleus au-dessus de la Tamise© Barcex · CC BY-SAPhoto : Barcex, CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0), Wikimedia Commons

Contrairement à Westminster, Whitechapel ne joue pas la carte postale. On y trouve des ruelles étroites, de la brique ancienne et des marchés là où s'élevaient autrefois des taudis. Le quartier reste populaire et multiculturel.

D'abord les Irlandais s'y sont installés, puis les réfugiés juifs d'Europe de l'Est, et aujourd'hui la communauté bangladaise. C'est la pauvreté et la surpopulation qui ont fait de Whitechapel le décor de l'automne 1888. Il y a peu de place pour l'admiration architecturale, mais beaucoup d'ambiance et de texture.

La Tour est facile d'accès à pied, mais mieux vaut réserver à l'avance les billets pour la forteresse. Si vous souhaitez un guide, l'office de tourisme de la ville de Londres a réuni des options de visites guidées.

Whitechapel et les marchés de l'East End

La principale raison de venir ici en journée plutôt qu'en soirée, ce sont les marchés. Le dimanche, ils tournent toute la journée et le quartier se transforme en une grande foule animée.

Le marché de Petticoat Lane s'étend le long de Middlesex Street. C'est un vieux marché de vêtements bon marché, et le nom de la rue se traduit par «ruelle du jupon». On y vendait de la lingerie dès la fin du XVIIe siècle; aujourd'hui, on y trouve textiles, sacs et chaussures. Venez avant midi: à l'heure du déjeuner, les meilleures pièces sont parties.

Tout près de là se trouve Brick Lane, avec ses boutiques vintage, ses restaurants indiens et sa street food. Encore plus près, Spitalfields Market, ouvert sept jours sur sept (site officiel): sous la verrière se côtoient des étals d'artisans et de créateurs, avec une aire de restauration juste à côté.

Marché de rue animé avec passants, étals et graffitis sur un mur© Acabashi · CC BY-SAPhoto : Acabashi, CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0), Wikimedia Commons

Pour les fleurs, on se rend à Columbia Road. C'est un petit marché du dimanche qui vend plantes et jeunes pousses. Les habitants arrivent dès 8 heures, les touristes vers 10 heures, et à 14 heures, le commerce s'achève.

Les victimes de 1888 ne vivaient pas à Columbia Road, mais dans les quartiers voisins de Whitechapel et Spitalfields. Étals de marché, pubs et maisons de chambres faisaient partie de leur quotidien, et Spitalfields Market est mentionné directement dans l'affaire.

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Automne 1888: la chronologie des meurtres

L'histoire officielle des meurtres en série commence le 31 août 1888. Tôt ce matin-là, le corps de Mary Ann Nichols est découvert à cent mètres du Royal London Hospital. Sa gorge a été tranchée et certains organes internes retirés (présentation de l'affaire).

La police ne s'inquiète vraiment qu'après le deuxième incident. Le 8 septembre, le corps d'Annie Chapman est retrouvé près de Spitalfields Market. Puis, le 27 septembre, une lettre arrive à Scotland Yard. Elle commence par les mots «Dear Boss» et promet de «couper les oreilles des dames». La signature est brève: «Jack the Ripper».

Panorama de Londres au crépuscule avec le Tower Bridge© Ilya Grigorik · CC BY-SAPhoto : Ilya Grigorik, CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0), Wikimedia Commons

Au début, le message est pris pour une sombre plaisanterie. Mais le 30 septembre, le tueur commet deux meurtres en une seule nuit. Vers une heure du matin à Whitechapel, un charretier découvre le corps d'Elizabeth Stride. Le tueur n'a pas eu le temps de l'éviscérer, alors il frappe de nouveau.

La seconde victime de cette nuit est Catherine Eddowes. Elle est retrouvée sur Mitre Square, dans la City (détails de l'enquête). C'est la seule fois où le tueur sort des limites de Whitechapel. Il tient la promesse de la lettre: il prélève des organes internes et coupe une oreille. Le renforcement des patrouilles le contraint à se faire discret.

Mais il n'a aucune intention d'être oublié. Le 16 octobre, le Whitechapel Vigilance Committee reçoit une lettre «from hell» contenant le rein de Catherine Eddowes. Le dernier meurtre canonique est daté du 9 novembre 1888. Mary Jane Kelly meurt dans sa propre chambre, et elle est mutilée plus gravement que les autres (chronologie de 1888).

Ensuite, les lettres cessent et les meurtres s'arrêtent. L'affaire n'a jamais été résolue, et c'est la principale raison pour laquelle Whitechapel attire encore les touristes. D'autres femmes du quartier ont été agressées à la même époque, mais seules cinq sont officiellement attribuées à Jack the Ripper (BBC History).

Qui était Jack the Ripper: les théories

Les passionnés de l'affaire, appelés ripperologues, ont une théorie favorite. Le tueur aurait été identifié, mais la police aurait dissimulé son identité. Dès après le deuxième meurtre, des rumeurs circulent à Londres sur le prince Albert Victor, duc de Clarence, petit-fils de la reine Victoria.

À la même époque émerge la théorie inverse. Les meurtres seraient l'œuvre de révolutionnaires socialistes voulant faire porter le chapeau au prince et provoquer des troubles. La liste des suspects comprend encore Lewis Carroll, l'auteur d'«Alice au pays des merveilles».

L'intérêt porté à la médecine n'est pas un hasard. La police a relevé la précision avec laquelle les corps avaient été disséqués. Le tueur semblait avoir une formation chirurgicale. Cela a fait de Sir William Gull, médecin personnel de la reine, un suspect populaire: il disparaît de la vie publique fin 1888 et meurt en 1890.

Cette théorie a été ancrée par deux films: le téléfilm britannique «Jack the Ripper» (1988) avec Michael Caine et le film hollywoodien «From Hell» (2001) avec Johnny Depp (théories et suspects). Les historiens considèrent ces deux œuvres comme de la fiction, non comme des preuves documentaires.

La théorie du Dr Pedachenko

Une autre théorie apparaît au début du XXe siècle: la légende du Dr Alexander Pedachenko, venu à Londres pour exercer la chirurgie. Il aurait été un agent de l'Empire russe et aurait commis les meurtres pour attirer l'attention de la police sur le quartier.

Selon cette légende, Pedachenko pouvait se vêtir de habits féminins, approcher ses victimes sans éveiller les soupçons et disparaître de Whitechapel sans laisser de trace. Les autorités britanniques l'auraient discrètement envoyé dans une clinique psychiatrique.

Cette histoire ne repose sur aucune preuve documentaire. Les historiens la classent parmi les légendes urbaines et les canulars de presse du début des années 1900 (dossier de l'affaire). Nous la mentionnons par curiosité, non comme un fait.

Le pub The Ten Bells et la presse à scandale

Deux victimes sont liées à ce pub: Annie Chapman et Mary Jane Kelly. Le Ten Bells se dresse à l'angle de Commercial Street et de Fournier Street, et un bâtiment est attesté à cet emplacement depuis 1753 (page du pub).

Façade d'angle du pub Ten Bells avec son enseigne© Matt Brown · CC BYPhoto : Matt Brown, CC BY (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0), Wikimedia Commons

Le pub est toujours en activité aujourd'hui, l'intérieur a à peine changé, et des foules de touristes y viennent. En 1888, il se trouvait au cœur d'un quartier criminel: bordels et repaires de voleurs l'entouraient. Peut-être que les femmes ont accidentellement surpris la conversation de quelqu'un d'autre et l'ont payé de leur vie.

Il existe aussi une autre théorie. Le journaliste Robert Stevenson est devenu un suspect. Il a été admis dans un hôpital de Whitechapel avant le premier meurtre et en est sorti après le dernier, et il a également écrit des articles sur la série.

Ce sont ces articles qui ont suscité l'intérêt du public pour la presse à scandale. Si Stevenson agissait sur ordre d'un journal, alors Jack l'Éventreur a peut-être été une grande opération marketing. Aujourd'hui, le secteur touristique londonien profite réellement de son nom: visites guidées, souvenirs et un musée.

Arrêtez-vous au Ten Bells pour une pinte et regardez les vieilles photographies du quartier accrochées aux murs. Le week-end en soirée, c'est bondé, alors visez la journée.

⁉️🤔 Questions fréquentes

Combien de temps prend le parcours de Whitechapel?

À pied, le parcours complet prend deux à trois heures si vous ne vous arrêtez pas dans les pubs et au musée. Avec les haltes aux marchés et le déjeuner, comptez une demi-journée. Voir uniquement les lieux des meurtres prend environ une heure, et la distance entre les points les plus éloignés est faible. Portez des chaussures confortables.

Peut-on faire le parcours sans guide?

Oui. Tous les points se trouvent dans un même secteur, à environ 3 km les uns des autres sur la carte. Il suffit de télécharger une carte et de prendre notre liste de lieux. Avec un guide, vous aurez plus d'histoires et de détails, mais le parcours est clair même sans. L'essentiel est de ne pas se presser et de lire les plaques sur les bâtiments.

Quel est le meilleur moment: le jour ou le soir?

La journée est plus pratique et plus sûre. Les visites du soir offrent une atmosphère, mais certains marchés sont déjà fermés. Pour les marchés, choisissez le dimanche et arrivez le matin, avant que la foule ne s'installe. En semaine, les rues sont plus calmes, mais le marché du dimanche de Columbia Road est fermé.

Le pub Ten Bells est-il ouvert et peut-on y entrer?

Oui, le pub de Commercial Street accueille toujours des clients aujourd'hui. Peu de choses ont changé à l'intérieur depuis l'époque victorienne, et de vieilles photographies du quartier sont accrochées aux murs. Le hic: le week-end en soirée, il est envahi de touristes. Allez-y en journée, quand il reste des places libres au bar.

Y a-t-il un musée de Jack l'Éventreur à Whitechapel?

Oui, le musée fonctionne près du parcours. Il est ouvert aux visiteurs tous les jours, et les visites guidées à pied partent à 15h30 et 18h00 (en 09/2026, Visit London). Réservez vos billets à l'avance: les créneaux du week-end partent vite.

En bref: ce qui vaut la peine d'être réservé

Pour le parcours à pied, il vous faut juste des chaussures confortables. Partez vers la Tower le matin, marchez vers l'est et terminez à Spitalfields avant le déjeuner.

Si vous voulez une visite guidée toute prête sur les lieux des meurtres, réservez une visite de Whitechapel à l'avance: les créneaux du soir partent en premier.

Si vous avez une demi-journée, ajoutez le musée de Jack l'Éventreur et le pub Ten Bells. Si vous n'avez qu'un seul jour à Londres, commencez le matin, sinon les marchés fermeront sans vous.